Germaine Feron-Vrau (1869 – 1927)

GFV

Germaine Feron-Vrau, née Germaine Bernard, est un exemple édifiant parmi d’autres de la vie d’une fille et femme de directeur d’usine de la fin du XIXème siècle et début du XXème siècle.

De nombreuses femmes semblables à Germaine ont eu des comportements exemplaires et un dévouement extrême, elles sont le reflet de l’état d’esprit d’une société catholique très paternaliste qui règnait alors dans le Nord de la France, où beaucoup de chefs d’entreprise étaient très soucieux du bien-être de leurs ouvriers et où leurs épouses les secondaient activement dans leurs tâches de direction, très souvent accompagnées de nombreuses œuvres de charité. Germaine s’est adonnée à ces tâches ardues avec un dévouement héroïque, et a été particulièrement remarquée dans son entourage pour sa charité et son odeur de sainteté, ce qui lui a valu d’être immortalisée par Mgr H. Masquelier dans la biographie dont nous nous inspirons ici¹.

La famille de Germaine s’est installée dans la région de Lille en 1685. Son ancêtre Jean Bernard y a établi une cure à raffiner le sucre, industrie transmise sans interruption dans la famille jusqu’au début du siècle. Paul Bernard, le papa de Germaine, exploite donc l’usine familiale située à Santes. Il meurt très jeune alors que Germaine n’a que 4 ans. Paul Bernard déployait une activité intense au service des autres, particulièrement les plus démunis, dépensant avec générosité son temps, son énergie et une grande partie de sa fortune, aussi était-il très aimé dans son village. Longtemps après sa mort, on pouvait voir encore des ouvriers pleurer à genoux sur sa tombe.

C’est dans ce contexte familial que la petite Germaine grandit, entourée de ses 7 frères et sœurs. C’est une nature très vive, désordonnée et dissipée, mais toujours enthousiaste, serviable, débrouillarde, et surtout ayant une grande bonté naturelle, au point qu’on la surnomme « la bonne Ger ». Une petite cousine lui lance même un jour « méchante bonne Ger ! », après une dispute.

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Faire ta connaissance

Par Niko Everett

Quand j’avais 11 ans, j’étalais du maquillage sur mes jambes pour recouvrir mes taches de rousseur, parce que je les détestais et les trouvais moches.

Quand j’avais 15 ans, je vivais avec mon père et ma belle-mère et je mentais au sujet de ma mère. Elle était serveuse et vivait dans un tout petit appartement, c’était une ancienne toxicomane. Je mentais en parlant d’elle car j’avais trop honte de dire la vérité.

Quand j’avais 17 ans, je me mettais à genoux sur le sol de la salle de bains et me faisais vomir. Je voulais absolument être mince, j’essayais à tout prix d’être parfaite.

Quand j’avais 21 ans, je ne me rendais pas compte que j’inondais mon amie Julie de mes histoires, lui parlant de toutes les personnes que nous connaissions, lui disant à quel point ils étaient supers et combien leur vie était extraordinaire, combien je voulais leur ressembler, combien j’étais jalouse.

Un jour, ma chère amie Julie m’arrêta et me dit : « Niko, il faut que tu fasses ta propre rencontre ! » Quand elle me dit cela, quelque chose changea ; c’est comme si elle avait tenu un miroir face à moi et me montrait quelque chose de complètement différent de ce que j’avais pu voir jusque là. Elle me dit : « Niko, tu devrais être jalouse de toi-même ! Tu es courageuse, tu travailles dur, tu es résistante… si tu pouvais faire ta connaissance, tu t’apprécierais sûrement ! »

Mais cette image de moi s’enfuit aussi vite qu’elle l’avait peinte. J’étais vraiment troublée car l’image que j’avais de moi-même était celle d’une personne gênante, déplaisante, bizarre. J’aimais cette image qu’elle avait créée et je voulais la revoir alors je me suis donné pour mission de la reformer et de la faire durer.

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