La violente condition féminine

par Christine Dol

La violence est-elle l’apanage de l’homme ? La femme est-elle douce par nature ? Idées reçues ou déni de réalité, nous constatons aujourd’hui la nécessité de comprendre et d’admettre ce qu’est la condition féminine, car plus rien ne semble évident… Certains disent que l’on naît homme ou femme, une autre -suivie par une foule- dit « on ne naît pas femme, on le devient ». Nous, nous pensons que l’on naît femelle (ou mâle) ET que l’on devient femme (ou homme).

La femme est un Homme comme les autres.

Elle est un Homme, elle appartient à l’espèce humaine. En cela, elle possède la nature humaine. Elle est conçue comme un homme; se nourrit, joue, grandit, s’exprime comme lui, a besoin d’affection, de contacts, d’apprentissage, d’attention comme lui. Elle partage le même but : le bonheur, et utilise les mêmes moyens : la société, l’intelligence et la volonté. Elle aspire à la transcendance, et à long terme est faite pour Dieu, comme l’homme. Elle partage avec lui la dimension politique et spirituelle. Mais cette même nature se manifeste et s’exprime de manières différentes.

La femme n’est pas un homme comme les autres.

Elle ne peut pas être un homme comme les autres, car elle est femme. Elle naît avec un corps à caractère féminin qui la prédispose à la maternité. Ce corps lui dit en tout qu’elle est faite pour être mère ; il suscite joie ou colère, acceptation ou refus, mais ce corps est là, présent. Ses forces et ses faiblesses sont nécessairement liées à cette fonction « animale ».

Elle ne peut pas être un homme comme les autres car elle subit inévitablement des chocs physiques et psychologiques toute sa vie. Ces chocs successifs la fragilisent mais la fortifient. Ils sont les violences que la Nature lui impose : la puberté, les règles, la sexualité, la grossesse, l’accouchement, les suites de couche, l’allaitement, la pré-ménopause, et la ménopause. Toutes ces étapes de la vie d’une femme sont synonymes de douleurs et souffrances, que l’homme ne connaît pas…

En cela, la femme est en perpétuel changement physique et donc moral, elle se  meut très  différemment de l’homme, elle est moins stable.

Quoi de plus normal alors que son besoin de la rassurante stabilité intérieure d’un homme, de le voir s’atteler aux violences du monde extérieur, lui qui ne vit pas ces violences corporelles ?

La femme seule ne peut pas affronter toutes les souffrances, elle connaît déjà celles de sa nature propre, qui la poussent sans doute à une douceur extérieure. Voilà pourquoi les hommes aimants d’une autre époque ont développé la courtoisie et la galanterie ; parce qu’une femme consciente de sa condition inspire le respect et l’admiration.

Ainsi, l’amour de l’homme réside en son besoin de la femme, cet être semblable à lui, car elle est magnifiquement autre.

Le Bonheur Conjugal ou L’Univers Fascinant de la Femme

Par Christine Dol

Il est un monde où la femme est sereine, aimante, respectée et chérie. Un monde où elle connaît le chemin du bonheur. Ce monde, c’est celui d’Helen Andelin. Cette épouse et mère américaine des années 1960 veut faire connaître sa découverte et demande à toutes les femmes de bonne volonté de se lancer dans ce voyage, et d’acheter un billet pour « l’univers fascinant de la femme »

Le trajet est relativement long – plus de 400 pages – mais comme beaucoup, il passe bien vite car vous vous installerez côté hublot afin d’admirer le Monde d’en haut, et ainsi, prendre du recul sur votre vie. Sa philosophie a tellement fasciné son mari, Aubrey Andelin, qu’il a, à son tour, écrit un ouvrage pour le bonheur de l’homme : « Une main de fer dans un gant de velours ».

Cet ouvrage s’adresse à toutes, plus précisément aux femmes mariées, ou souhaitant l’être. Tout le sujet du livre est d’apprendre à chaque femme à être heureuse en ménage, à rendre son mari heureux, et ses enfants heureux. Vaste projet à l’heure où le mariage n’est plus à la « mode ». Quoiqu’il en soit, Helen Andelin, grâce à ses très nombreuses lectures et à ses expériences (nous pourrions dire que son mari et son entourage ont été de véritables cobayes), est parvenue à la conclusion suivante : « une femme possède les clés de son propre bonheur ». Helen Andelin ne va pas seulement vous donner des conseils pour mieux vivre en couple, elle va changer la vision que vous avez de l’homme et de la femme, elle va vous amener à prendre conscience de votre pouvoir sur l’homme. Avec une démarche de générosité, vous allez vous atteler à comprendre les hommes, à savoir de quoi ils ont besoin, et ainsi vous allez être capable de vous faire aimer et d’exercer une influence immense sur votre mari, pour votre bien et celui des autres. « L’univers fascinant de la femme » va vous guider pour que vous puissiez devenir « la femme idéale », une femme qui fascine !! Ça fait rêver… mais ne vous méprenez pas, ce n’est pas de tout repos, car elle nous demande d’être véritable acteur de notre vie, d’agir comme si tout dépendait de nous.

Quelle est le plus grand désir de la femme ? Être aimée et chérie ! Mais la femme n’a-t-elle pas une trop grande tendance à attendre cet amour les bras croisés, telle une pestouille de princesse ? Et bien décroisez vos bras, remontez vos manches et essayez la méthode de « l’univers fascinant de la femme » (surtout si vous êtes malheureuse!!!), il n’y a, franchement, rien à perdre.

Le texte est disponible sur Internet : http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/2/91/31/81/AvBenPerso/L-univers_fascinant_de_la_femme_ANDELIN.pdf

Le Cercle des Mamans Anonymes

J’entre. Je ne sais pas du tout à quoi m’attendre. Ma copine de garderie – non pas que j’aille moi-même à la garderie mais nos enfants s’y retrouvent – m’a proposé de la rejoindre à une sorte de réunion-présentation sur le thème de l’éducation. Le bâtiment est immense : à tous les coups, je vais me paumer. Je monte au quatrième étage, je suis le bruit et la lumière. J’entre dans une grande salle : des chaises installées en cercle dont quelques-unes de libres, des femmes et une bonne quinzaine de sourires dans ma direction ; je commence à paniquer.

– « Bonjour, je vous en prie, prenez une chaise

– Merci, pardon du retard »

Mais qu’est-ce que je fais là ? Si ma copine de garderie n’était pas parmi la ronde de « réjouis de la crèche », je pourrais me croire dans un cercle d’alcooliques anonymes, catholiques évidement : pour être physiquement si optimiste, il faut être catho… ou avoir moins de 7 ans…

Mince, c’est mon tour, je dois y passer :

– « Bonjour, je m’appelle Christine, je suis mariée, j’ai deux enfants en bas âge, un garçon et une fille.

– Très bien ! Et pourquoi êtes-vous là ? Que recherchez-vous ?

– Eh bien, en fait, je ne sais pas ce que je fais là, je m’attendais à assister à une conférence sur l’éducation.

– Ah ! Pas du tout, nous allons créer des « Chantiers-Education »1 dans votre quartier ! Un Chantier est un groupe d’une petite dizaine de mamans ayant des enfants du même âge, il se retrouve une fois par mois autour d’un thème choisi. Les thèmes concernent les difficultés éducatives que les mamans rencontrent. Elles partagent leurs principes, leurs expériences, leurs coups durs et leurs réussites. Ainsi, chaque maman est soutenue, encouragée et conseillée dans son rôle d’éducateur. Tout le monde peut faire partie d’un chantier ! »

Un an plus tard…

Je me suis lancée. Je suis entrée dans un « Chantier ». Drôle de nom pour un groupe de mamans qui discutent assises autour d’une table souvent agrémentée de boissons et gâteaux ; et pourtant, réflexion faite, ce terme de chantier est opportun. L’éducation est un chantier. Nous étudions nos quotidiens, nos caractères, les défauts et les qualités de nos enfants, pour mieux les travailler et construire quelque chose de solide. Le travail avance souvent doucement, et nous devons changer nos plans en fonction des circonstances, des imprévus de la vie. Il est évident que les Chantiers-Education ressemblent davantage à un chantier médiéval qu’à celui du XXIe siècle : lenteur, remise en cause, évolution au gré de départ de certains maîtres d’œuvre et d’arrivée de nouveaux ouvriers, et un sens du détail flirtant avec l’art ! Le but n’est pas de construire rapidement, mais solidement, peu importe la durée des travaux, même si nous pouvons l’évaluer à une vingtaine d’année par enfant.

Au-delà de l’aspect purement éducatif, ces réunions apportent un soutien humain considérable : soutien moral, parfois amical, une oreille nouvelle et bien différente de celle de nos proches.

Les motivations pour intégrer un Chantier-Education peuvent être multiples : intérêt développé pour l’éducation, difficultés présentes ou anticipées avec les enfants, sentiment de solitude, d’incompréhension ou d’impuissance, besoin de liens sociaux, etc.

Pour beaucoup de femmes, ces réunions sont une réussite, une aide non négligeable, une bouffée d’air frais ! Le principe est simple et désormais bien rodé. Je le conseille à toutes ces mamans anonymes qui, parfois, ont le vertige à la pensée de leurs responsabilités.

Christine Dol

1 Les Chantiers-Education ont été créés en 1990 par des mamans particulièrement préoccupées par leur rôle de premier éducateur. Ils sont désormais un service des AFC (Associations Familiales Catholiques) mais le principe peut être repris par qui le souhaite pourvu que chaque Chantier respecte des règles précises préalablement établies.