Intention de prière

Chères lectrices,

Ce blog n’a pas vocation à commenter l’actualité. Cependant, suite aux attentats qui ont touché Paris, nul doute que nos cœurs de femmes – que nous soyons mères, épouses, filles ou sœurs – ont été touchés, émus ou blessés.

Diverses réactions ont fleuri dans la presse et sur les réseaux sociaux et il nous semble tout à fait approprié d’encourager ici une initiative ambitieuse qui correspond au message que nous cherchons à faire passer.

Il s’agit d’une démarche simple : « adopter spirituellement un soldat de Daesh et prier pour sa conversion », en offrant pour cela tout ce que vous pourrez, chacun selon sa capacité.

Alors si vous voulez toujours changer le monde, utiliser tous les moyens en votre pouvoir pour cela, sans vous laisser apeurer et en participant à un mouvement de grande ampleur, cliquez ici !

A bientôt,

les filles du Roi.

 

Changer le monde

Nous lisons tous les jours dans la presse ce dont est formé le monde qui nous entoure ; guerres, violences, inégalités, chômage, pauvreté, maladies incurables, réchauffement climatique, crises en tous genre (économie, logement, société, etc.). Comment ne pas être déprimés voire suicidaires en refermant les pages d’un journal ou en éteignant le poste de télévision?

Nous sommes loin de rêver de vivre dans un champ d’arc en ciels au milieu de licornes mais il nous semble que ces évènements dont nous prenons connaissance au quotidien forment nos pensées, ou plutôt les déforment.

C’est la crise/C’est la guerre/C’est la catastrophe. Bien. Et alors, que fait-on? Que fait-on pour sauver ce pauvre monde ? Pour résister face à ce flot de problèmes très divers et très variés? Par où commencer?

Prendre le parti de ne pas avoir de télévision chez soi et de ne plus ouvrir de journal peut être reposant mais est loin d’être suffisant ; non seulement parce que l’information continuera d’arriver malgré ces mesures de précaution, mais encore parce que s’isoler ne peut pas être un but en soi.

Demandons nous donc d’abord ce que nous voulons pour cette Terre ? Pour les gens qui nous entourent ? pour cette société qui est la nôtre ? Que voudrions nous voir émerger à la place de ces guerres, violences, etc. ? Puisque « la nature a horreur du vide », il nous faut remplacer tout cela par autre chose ! Le pape saint Pie X disait « la force des mauvais, c’est la lâcheté et la faiblesse des bons ». Que pouvons nous faire pour changer les choses ?

– « Quel est le plus grand des commandements ? » demanda-t-on un jour à Jésus

– « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de tout ton esprit » répondit-il. Puis il ajouta « Mais le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même »

Ainsi, l’amour de Dieu et l’amour du prochain sont extrêmement liés. C’est le même précepte qui est véhiculé dans la parabole du Bon Samaritain, enseignée par Jésus ; Le Bon Samaritain, rencontrant au bord du chemin un homme qui avait été détroussé et frappé par des brigands, l’emmena avec lui jusqu’à une auberge où il lui fit prodiguer des soins et de la nourriture.

Le catéchisme de l’Eglise Catholique définit les oeuvres par lesquelles nous pouvons secourir les besoins corporels ou spirituels du prochain, ce sont les Oeuvres de miséricorde

Le mot Miséricorde vient du latin Miseri Cor Dare = Donner son coeur aux miséreux

Il s’agit donc de Donner, ou plutôt Se donner, par le coeur, à tous ceux qui en ont besoin.

Oeuvres de miséricorde corporelle

  1. Donner à manger à ceux qui ont faim
  2. Donner à boire à ceux qui ont soif
  3. Vêtir ceux qui sont nus
  4. Abriter les étrangers
  5. Soigner les malades
  6. Visiter les prisonniers
  7. Ensevelir les morts

Oeuvres de miséricorde spirituelle

  1. Conseiller ceux qui en ont besoin
  2. Instruire les ignorants
  3. Exhorter les pêcheurs
  4. Consoler les affligés
  5. Pardonner les offenses
  6. Supporter patiemment les personnes ennuyeuses
  7. Prier Dieu pour les vivants et pour les morts

Voici donc le programme qu’il nous est proposé de suivre dans le but très simple mais ambitieux de changer le monde !

Le catéchisme précise qu’il nous sera demandé un compte particulier de ces oeuvres au jour du Jugement alors faisons d’une pierre, deux coups, et chacune selon nos moyens, apportons nos petites pierres à cet édifice.

filles du Roi

diadème

Qu’est-ce qu’une fille de roi sinon une princesse ? Combien de petites filles ont rêvé d’être, ne serait-ce que pour un instant, une princesse ? Et combien parmi elles ont abandonné ce rêve ?

Dans une biographie romancée de saint Ignace de Loyola[1], l’auteur raconte la conversion du saint. Elle imagine un dialogue entre ce jeune chevalier de la cour du roi Charles Quint, résolu à tout abandonner pour devenir un saint, et le diable :

« – Tu n’es qu’un orgueilleux, souffle-t-il maintenant à l’oreille du jeune homme. Tu veux devenir un saint ? Quelle exigence ! Un saint… il ne te faut rien de moins. Vanité, amour propre, désir de briller d’une autre manière, voilà ce qui t’inspire.

– Cette inspiration vient de Dieu, j’en suis persuadé, réplique Ignace.

– Elle vient de ta présomption, sans aucun doute.

– Nenni ! C’est Dieu qui me suggère cette noble ambition.

Chevalier du roi, n’est-ce pas déjà une noble carrière ?

– Je serai, désormais, chevalier du Roi »

Dans ce passage, l’inversion d’une majuscule suffit à changer la vie d’un homme. Il choisit de laisser sa place à la cour, la gloire et les honneurs qui s’y attachent pour suivre une nouvelle voie dans laquelle il s’apprête à suivre le plus grand des rois.

Au XVIIème siècle, le roi Louis XIV, agissant en qualité de tuteur, offrait une dot (draps, meubles, argent,…) à des jeunes filles, la plupart d’origine modeste, pour leur permettre de se marier et démarrer une nouvelle vie dans la colonie française d’Amérique de la Nouvelle-France. On a surnommé ces jeunes filles les « Filles du roi »

Aujourd’hui et à chaque instant, ce n’est pas un roi terrestre mais Dieu lui-même, Roi des rois, notre Père du ciel, qui offre à chacune d’entre nous, ses filles, non pas de l’argent ou des objets mais ses dons, temporels et spirituels, ainsi que les grâces nécessaires pour les faire fructifier, nous guider dans l’aventure de cette vie terrestre et nous conduire à la Vie éternelle.

Cependant, il ne veut rien accomplir en nous sans que nous le voulions aussi alors pourquoi ne pas réévaluer nos ambitions à l’exemple de saint Ignace? Pourquoi ne pas transformer un rêve d’enfant, celui d’être les « Filles du roi » en une réalité bien plus élevée, celle de devenir les « filles du Roi » ?

Nul besoin de tout quitter ou d’embarquer pour un autre continent, simplement de réaliser notre valeur, non pas en fonction de critères matériels éphémères mais au regard de la dignité attachée à notre nature humaine, telle que Dieu la voit, « parce que tu as du prix à mes yeux, que tu as de la valeur et que je t’aime » (Isaïe, 43:4)

[1] CLEMENT Béatrice, Chevalier du Roi, Clovis, 1999

Le Cercle des Mamans Anonymes

J’entre. Je ne sais pas du tout à quoi m’attendre. Ma copine de garderie – non pas que j’aille moi-même à la garderie mais nos enfants s’y retrouvent – m’a proposé de la rejoindre à une sorte de réunion-présentation sur le thème de l’éducation. Le bâtiment est immense : à tous les coups, je vais me paumer. Je monte au quatrième étage, je suis le bruit et la lumière. J’entre dans une grande salle : des chaises installées en cercle dont quelques-unes de libres, des femmes et une bonne quinzaine de sourires dans ma direction ; je commence à paniquer.

– « Bonjour, je vous en prie, prenez une chaise

– Merci, pardon du retard »

Mais qu’est-ce que je fais là ? Si ma copine de garderie n’était pas parmi la ronde de « réjouis de la crèche », je pourrais me croire dans un cercle d’alcooliques anonymes, catholiques évidement : pour être physiquement si optimiste, il faut être catho… ou avoir moins de 7 ans…

Mince, c’est mon tour, je dois y passer :

– « Bonjour, je m’appelle Christine, je suis mariée, j’ai deux enfants en bas âge, un garçon et une fille.

– Très bien ! Et pourquoi êtes-vous là ? Que recherchez-vous ?

– Eh bien, en fait, je ne sais pas ce que je fais là, je m’attendais à assister à une conférence sur l’éducation.

– Ah ! Pas du tout, nous allons créer des « Chantiers-Education »1 dans votre quartier ! Un Chantier est un groupe d’une petite dizaine de mamans ayant des enfants du même âge, il se retrouve une fois par mois autour d’un thème choisi. Les thèmes concernent les difficultés éducatives que les mamans rencontrent. Elles partagent leurs principes, leurs expériences, leurs coups durs et leurs réussites. Ainsi, chaque maman est soutenue, encouragée et conseillée dans son rôle d’éducateur. Tout le monde peut faire partie d’un chantier ! »

Un an plus tard…

Je me suis lancée. Je suis entrée dans un « Chantier ». Drôle de nom pour un groupe de mamans qui discutent assises autour d’une table souvent agrémentée de boissons et gâteaux ; et pourtant, réflexion faite, ce terme de chantier est opportun. L’éducation est un chantier. Nous étudions nos quotidiens, nos caractères, les défauts et les qualités de nos enfants, pour mieux les travailler et construire quelque chose de solide. Le travail avance souvent doucement, et nous devons changer nos plans en fonction des circonstances, des imprévus de la vie. Il est évident que les Chantiers-Education ressemblent davantage à un chantier médiéval qu’à celui du XXIe siècle : lenteur, remise en cause, évolution au gré de départ de certains maîtres d’œuvre et d’arrivée de nouveaux ouvriers, et un sens du détail flirtant avec l’art ! Le but n’est pas de construire rapidement, mais solidement, peu importe la durée des travaux, même si nous pouvons l’évaluer à une vingtaine d’année par enfant.

Au-delà de l’aspect purement éducatif, ces réunions apportent un soutien humain considérable : soutien moral, parfois amical, une oreille nouvelle et bien différente de celle de nos proches.

Les motivations pour intégrer un Chantier-Education peuvent être multiples : intérêt développé pour l’éducation, difficultés présentes ou anticipées avec les enfants, sentiment de solitude, d’incompréhension ou d’impuissance, besoin de liens sociaux, etc.

Pour beaucoup de femmes, ces réunions sont une réussite, une aide non négligeable, une bouffée d’air frais ! Le principe est simple et désormais bien rodé. Je le conseille à toutes ces mamans anonymes qui, parfois, ont le vertige à la pensée de leurs responsabilités.

Christine Dol

1 Les Chantiers-Education ont été créés en 1990 par des mamans particulièrement préoccupées par leur rôle de premier éducateur. Ils sont désormais un service des AFC (Associations Familiales Catholiques) mais le principe peut être repris par qui le souhaite pourvu que chaque Chantier respecte des règles précises préalablement établies.