Intention de prière

Chères lectrices,

Ce blog n’a pas vocation à commenter l’actualité. Cependant, suite aux attentats qui ont touché Paris, nul doute que nos cœurs de femmes – que nous soyons mères, épouses, filles ou sœurs – ont été touchés, émus ou blessés.

Diverses réactions ont fleuri dans la presse et sur les réseaux sociaux et il nous semble tout à fait approprié d’encourager ici une initiative ambitieuse qui correspond au message que nous cherchons à faire passer.

Il s’agit d’une démarche simple : « adopter spirituellement un soldat de Daesh et prier pour sa conversion », en offrant pour cela tout ce que vous pourrez, chacun selon sa capacité.

Alors si vous voulez toujours changer le monde, utiliser tous les moyens en votre pouvoir pour cela, sans vous laisser apeurer et en participant à un mouvement de grande ampleur, cliquez ici !

A bientôt,

les filles du Roi.

 

Pour quoi êtes vous fait ?

par le Dr Kelly Flanagan

Pour quoi êtes-vous fait ? La réponse à cette question a le pouvoir de changer l’Histoire. Pour de bon.

Mon réveil sonne, il est 5h du matin, mes paupières sont lourdes et se soulèvent en grinçant. Les enfants ont encore 2h de sommeil devant eux, ce qui signifie que j’ai 2 heures devant moi, seul avec mes pensées, mon clavier et mon boulot. Perspective palpitante.

Et terrifiante.

Parce qu’il y a quelque chose d’autre qui s’est niché juste à côté de cette joyeuse prévision. Quelque chose qui me fait douter et qui me ronge : la peur de la page blanche, la peur de sécher, la peur de ne pas être à la hauteur.

Quand je suis assis face à ma page blanche, j’ai parfois l’impression que je dois prouver ma valeur. Et cette peur-là me rend extrêmement vulnérable ; c‘est bien plus agréable de se sentir productif et invincible. Par le passé, cette peur de ne pas être à la hauteur m’a empêché de me dévoiler. La peur et la vulnérabilité, tels des cadenas, retenaient mes mots à l’intérieur.

Mais aujourd’hui je sais que ma vulnérabilité n’est pas un cadenas pour mes mots ; en réalité, c’est ce qui ouvre la porte à ce que j’ai à écrire.

La violence de l’invincibilité

Nous vivons dans un monde invulnérable. Un jour, on a décidé que la vulnérabilité était une faiblesse, et on l’a bannie de la place publique.

On empêche les serveurs de reconnaître leurs erreurs pour éviter un procès. Le docteur qui admet qu’il doute perd la confiance de ses patients. Quand un politicien a-t-il reconnu pour la dernière fois qu’il avait tort AVANT d’avoir été pris sur le fait ? Des piliers de vertus se frayent un chemin au sommet en trichant plutôt que de reconnaître leurs limites et leurs faiblesses.

On n’a plus sur la place publique qu’un cercle de gagnants.

Et nos foyers ne sont pas tellement différents ; on a banni la vulnérabilité de nos salons, de nos chambres, de nos cœurs. Les conflits conjugaux dégénèrent lorsque l’amour des conjoints est remis en question devant la loi par des contre-interrogatoires et en révélant tout de A à Z. Nos enfants à leur tour rivalisent les uns avec les autres pour leur mérite et leur valeur. Sur les terrains de jeu, on étouffe des larmes et on lance des coups de poing.

Notre force et notre invincibilité sont tout simplement entrain de déchirer le monde. Et au final, le cercle des gagnants est vide, et nos cœurs également.

Qui nous montrera le chemin pour sortir de ce bourbier ?

La réponse pourrait vous surprendre, parce que la réponse, C’EST VOUS.

Les vulnérables

Avant l’aube je suis écrivain, mais je suis psychologue clinicien quand le jour est levé. Et voici ce que mes patients m’ont appris : on ne se soigne pas grâce aux innombrables déclinaisons de l’invincibilité (meilleurs arguments, technologie avancée, richesse obscène…)

Nous sommes soignés par la vulnérabilité.

Nous guérissons lorsque nous avouons notre désarroi à quelqu’un d’autre et que nous révélons notre vrai visage.

Lorsque nous nous examinons à travers nos blessures – et non malgré elles – nous découvrons que ce qui nous perturbe est aussi ce qui nous rend merveilleux. Et nous donnons alors à tous ceux qui nous entourent la permission d’être blessés et merveilleux eux aussi. Quand nous avons le courage d’accepter notre faiblesse, nous cessons de rivaliser et nous commençons à aimer, nous cessons de nous battre et commençons à nous offrir. Un monde mutilé par l’invincibilité ne peut être soigné que par la vulnérabilité et la faiblesse.

Et l’art est l’un des derniers bastions de vulnérabilité dans ce monde craquelé par l’invincibilité.

Ce qui fait de vous – l’artiste – celui que nous attendons tous.

« Attendez » êtes-vous en train de vous dire, « Moi ? L’artiste ? Moi ? »

Et je dis « Oui, Vous, l’artiste »

C’est la deuxième chose que mes patients m’ont appris : Il y a un artiste en chacun de nous.

L’artiste qui sommeille en vous

Quand j’ai commencé à me débarrasser de mon faux-moi protecteur pour écouter ma petite voix intérieure et m’attacher à mon vrai-moi, j’ai pris conscience de l’élan créatif qui m’habitait. J’avais envie d’écrire. Je ne savais pas où cela me mènerait, je n’avais pas de plan, juste un désir impérieux de créativité. J’ai laissé cet élan me guider. Ce fut mon parcours personnel et je l’ai apprécié. Mais en tant que professionnel, j’ai découvert quelque chose d’universel :

Il y a un artiste qui attend de naître en chacun de nous.

Si vous demandez à quiconque ayant un tant soit peu laissé de côté sa retenue pour croire en sa propre valeur ce qu’il ou elle ferait pour suivre son cœur, vous obtenez ce genre de réponses :

  • Dépoussiérer mon appareil et me remettre à la photographie
  • Installer un atelier de menuiserie dans mon garage
  • Remettre ma vieille voiture à neuf
  • Lancer ma propre entreprise
  • Créer un programme d’études
  • Créer une communauté
  • Ouvrir une boutique d’artisanat
  • Jouer de la guitare
  • Jardiner
  • Sculpter
  • Ecrire
  • Peindre
  • Chanter
  • Faire du théâtre
  • Franchir le pas

Lorsque nous cessons de mettre tout notre temps et énergie dans notre invulnérabilité – défense, apparence, perfection, performance – nous pouvons devenir les artistes que nous sommes déjà.

Il s’avère que nous avons été créés pour créer.

La question est : Croyez-vous suffisamment en vous-même pour franchir le pas ?

Nous avons besoin de vous

Nous avons besoin que vous franchissiez ce pas. Nous avons besoin de cet artiste qui est en vous. Nous avons besoin de personnes qui vivent de leur vrai-moi, de personnes qui s’attachent à ce qu’elles sont vraiment et colorent le monde de la sensibilité qu’elles trouvent en elles.

Nous avons besoin de l’artiste qui est en vous pour faire face aux démons.

Nous avons besoin de votre créativité pour les abattre.

Nous avons besoin de tous ceux qui voudront bien s’épancher sur leur feuille, leur toile ou le support de leur choix.

Nous avons besoin de ce genre de vulnérabilité.

Nous devons remplir le cercle des gagnants avec de la créativité, de l’art, de la beauté, toutes ces choses rédemptrices, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de place pour l’arrogance, la violence et l’invincibilité.

Le futur de cette planète en morceaux pourrait en dépendre.

Cet article est paru en anglais, sur le blog Untangled, le 3 septembre 2014.

Changer le monde

Nous lisons tous les jours dans la presse ce dont est formé le monde qui nous entoure ; guerres, violences, inégalités, chômage, pauvreté, maladies incurables, réchauffement climatique, crises en tous genre (économie, logement, société, etc.). Comment ne pas être déprimés voire suicidaires en refermant les pages d’un journal ou en éteignant le poste de télévision?

Nous sommes loin de rêver de vivre dans un champ d’arc en ciels au milieu de licornes mais il nous semble que ces évènements dont nous prenons connaissance au quotidien forment nos pensées, ou plutôt les déforment.

C’est la crise/C’est la guerre/C’est la catastrophe. Bien. Et alors, que fait-on? Que fait-on pour sauver ce pauvre monde ? Pour résister face à ce flot de problèmes très divers et très variés? Par où commencer?

Prendre le parti de ne pas avoir de télévision chez soi et de ne plus ouvrir de journal peut être reposant mais est loin d’être suffisant ; non seulement parce que l’information continuera d’arriver malgré ces mesures de précaution, mais encore parce que s’isoler ne peut pas être un but en soi.

Demandons nous donc d’abord ce que nous voulons pour cette Terre ? Pour les gens qui nous entourent ? pour cette société qui est la nôtre ? Que voudrions nous voir émerger à la place de ces guerres, violences, etc. ? Puisque « la nature a horreur du vide », il nous faut remplacer tout cela par autre chose ! Le pape saint Pie X disait « la force des mauvais, c’est la lâcheté et la faiblesse des bons ». Que pouvons nous faire pour changer les choses ?

– « Quel est le plus grand des commandements ? » demanda-t-on un jour à Jésus

– « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de tout ton esprit » répondit-il. Puis il ajouta « Mais le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même »

Ainsi, l’amour de Dieu et l’amour du prochain sont extrêmement liés. C’est le même précepte qui est véhiculé dans la parabole du Bon Samaritain, enseignée par Jésus ; Le Bon Samaritain, rencontrant au bord du chemin un homme qui avait été détroussé et frappé par des brigands, l’emmena avec lui jusqu’à une auberge où il lui fit prodiguer des soins et de la nourriture.

Le catéchisme de l’Eglise Catholique définit les oeuvres par lesquelles nous pouvons secourir les besoins corporels ou spirituels du prochain, ce sont les Oeuvres de miséricorde

Le mot Miséricorde vient du latin Miseri Cor Dare = Donner son coeur aux miséreux

Il s’agit donc de Donner, ou plutôt Se donner, par le coeur, à tous ceux qui en ont besoin.

Oeuvres de miséricorde corporelle

  1. Donner à manger à ceux qui ont faim
  2. Donner à boire à ceux qui ont soif
  3. Vêtir ceux qui sont nus
  4. Abriter les étrangers
  5. Soigner les malades
  6. Visiter les prisonniers
  7. Ensevelir les morts

Oeuvres de miséricorde spirituelle

  1. Conseiller ceux qui en ont besoin
  2. Instruire les ignorants
  3. Exhorter les pêcheurs
  4. Consoler les affligés
  5. Pardonner les offenses
  6. Supporter patiemment les personnes ennuyeuses
  7. Prier Dieu pour les vivants et pour les morts

Voici donc le programme qu’il nous est proposé de suivre dans le but très simple mais ambitieux de changer le monde !

Le catéchisme précise qu’il nous sera demandé un compte particulier de ces oeuvres au jour du Jugement alors faisons d’une pierre, deux coups, et chacune selon nos moyens, apportons nos petites pierres à cet édifice.