Pour quoi êtes vous fait ?

par le Dr Kelly Flanagan

Pour quoi êtes-vous fait ? La réponse à cette question a le pouvoir de changer l’Histoire. Pour de bon.

Mon réveil sonne, il est 5h du matin, mes paupières sont lourdes et se soulèvent en grinçant. Les enfants ont encore 2h de sommeil devant eux, ce qui signifie que j’ai 2 heures devant moi, seul avec mes pensées, mon clavier et mon boulot. Perspective palpitante.

Et terrifiante.

Parce qu’il y a quelque chose d’autre qui s’est niché juste à côté de cette joyeuse prévision. Quelque chose qui me fait douter et qui me ronge : la peur de la page blanche, la peur de sécher, la peur de ne pas être à la hauteur.

Quand je suis assis face à ma page blanche, j’ai parfois l’impression que je dois prouver ma valeur. Et cette peur-là me rend extrêmement vulnérable ; c‘est bien plus agréable de se sentir productif et invincible. Par le passé, cette peur de ne pas être à la hauteur m’a empêché de me dévoiler. La peur et la vulnérabilité, tels des cadenas, retenaient mes mots à l’intérieur.

Mais aujourd’hui je sais que ma vulnérabilité n’est pas un cadenas pour mes mots ; en réalité, c’est ce qui ouvre la porte à ce que j’ai à écrire.

La violence de l’invincibilité

Nous vivons dans un monde invulnérable. Un jour, on a décidé que la vulnérabilité était une faiblesse, et on l’a bannie de la place publique.

On empêche les serveurs de reconnaître leurs erreurs pour éviter un procès. Le docteur qui admet qu’il doute perd la confiance de ses patients. Quand un politicien a-t-il reconnu pour la dernière fois qu’il avait tort AVANT d’avoir été pris sur le fait ? Des piliers de vertus se frayent un chemin au sommet en trichant plutôt que de reconnaître leurs limites et leurs faiblesses.

On n’a plus sur la place publique qu’un cercle de gagnants.

Et nos foyers ne sont pas tellement différents ; on a banni la vulnérabilité de nos salons, de nos chambres, de nos cœurs. Les conflits conjugaux dégénèrent lorsque l’amour des conjoints est remis en question devant la loi par des contre-interrogatoires et en révélant tout de A à Z. Nos enfants à leur tour rivalisent les uns avec les autres pour leur mérite et leur valeur. Sur les terrains de jeu, on étouffe des larmes et on lance des coups de poing.

Notre force et notre invincibilité sont tout simplement entrain de déchirer le monde. Et au final, le cercle des gagnants est vide, et nos cœurs également.

Qui nous montrera le chemin pour sortir de ce bourbier ?

La réponse pourrait vous surprendre, parce que la réponse, C’EST VOUS.

Les vulnérables

Avant l’aube je suis écrivain, mais je suis psychologue clinicien quand le jour est levé. Et voici ce que mes patients m’ont appris : on ne se soigne pas grâce aux innombrables déclinaisons de l’invincibilité (meilleurs arguments, technologie avancée, richesse obscène…)

Nous sommes soignés par la vulnérabilité.

Nous guérissons lorsque nous avouons notre désarroi à quelqu’un d’autre et que nous révélons notre vrai visage.

Lorsque nous nous examinons à travers nos blessures – et non malgré elles – nous découvrons que ce qui nous perturbe est aussi ce qui nous rend merveilleux. Et nous donnons alors à tous ceux qui nous entourent la permission d’être blessés et merveilleux eux aussi. Quand nous avons le courage d’accepter notre faiblesse, nous cessons de rivaliser et nous commençons à aimer, nous cessons de nous battre et commençons à nous offrir. Un monde mutilé par l’invincibilité ne peut être soigné que par la vulnérabilité et la faiblesse.

Et l’art est l’un des derniers bastions de vulnérabilité dans ce monde craquelé par l’invincibilité.

Ce qui fait de vous – l’artiste – celui que nous attendons tous.

« Attendez » êtes-vous en train de vous dire, « Moi ? L’artiste ? Moi ? »

Et je dis « Oui, Vous, l’artiste »

C’est la deuxième chose que mes patients m’ont appris : Il y a un artiste en chacun de nous.

L’artiste qui sommeille en vous

Quand j’ai commencé à me débarrasser de mon faux-moi protecteur pour écouter ma petite voix intérieure et m’attacher à mon vrai-moi, j’ai pris conscience de l’élan créatif qui m’habitait. J’avais envie d’écrire. Je ne savais pas où cela me mènerait, je n’avais pas de plan, juste un désir impérieux de créativité. J’ai laissé cet élan me guider. Ce fut mon parcours personnel et je l’ai apprécié. Mais en tant que professionnel, j’ai découvert quelque chose d’universel :

Il y a un artiste qui attend de naître en chacun de nous.

Si vous demandez à quiconque ayant un tant soit peu laissé de côté sa retenue pour croire en sa propre valeur ce qu’il ou elle ferait pour suivre son cœur, vous obtenez ce genre de réponses :

  • Dépoussiérer mon appareil et me remettre à la photographie
  • Installer un atelier de menuiserie dans mon garage
  • Remettre ma vieille voiture à neuf
  • Lancer ma propre entreprise
  • Créer un programme d’études
  • Créer une communauté
  • Ouvrir une boutique d’artisanat
  • Jouer de la guitare
  • Jardiner
  • Sculpter
  • Ecrire
  • Peindre
  • Chanter
  • Faire du théâtre
  • Franchir le pas

Lorsque nous cessons de mettre tout notre temps et énergie dans notre invulnérabilité – défense, apparence, perfection, performance – nous pouvons devenir les artistes que nous sommes déjà.

Il s’avère que nous avons été créés pour créer.

La question est : Croyez-vous suffisamment en vous-même pour franchir le pas ?

Nous avons besoin de vous

Nous avons besoin que vous franchissiez ce pas. Nous avons besoin de cet artiste qui est en vous. Nous avons besoin de personnes qui vivent de leur vrai-moi, de personnes qui s’attachent à ce qu’elles sont vraiment et colorent le monde de la sensibilité qu’elles trouvent en elles.

Nous avons besoin de l’artiste qui est en vous pour faire face aux démons.

Nous avons besoin de votre créativité pour les abattre.

Nous avons besoin de tous ceux qui voudront bien s’épancher sur leur feuille, leur toile ou le support de leur choix.

Nous avons besoin de ce genre de vulnérabilité.

Nous devons remplir le cercle des gagnants avec de la créativité, de l’art, de la beauté, toutes ces choses rédemptrices, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de place pour l’arrogance, la violence et l’invincibilité.

Le futur de cette planète en morceaux pourrait en dépendre.

Cet article est paru en anglais, sur le blog Untangled, le 3 septembre 2014.

« Essaye »

Maquille-toi

Mets du vernis

Frise tes cheveux

Cours un kilomètre de plus

Reste fine

Pour qu’ils t’aiment.

Est-ce qu’ils t’aiment ?

Sois sexy

N’aie pas peur, petite

Enlève ça

C’est ce que tu veux,

Trouver ta place

Pour qu’ils t’aiment.

Est-ce qu’ils t’aiment ?

Tu n’as pas à faire tant d’efforts

Tu n’as pas à tout donner

Tu dois juste te lever, te lever, te lever

Tu n’as pas à changer quoi que ce soit

Tu n’as pas à essayer, essayer, essayer… (x5)

Va faire du shopping

Au centre commercial

Atteins ta limite de crédit

Tu n’as pas à choisir

Achète tout

Pour qu’ils t’aiment.

Est-ce qu’ils t’aiment ?

Attend une seconde,

Pourquoi devrais-tu t’inquiéter

De ce qu’ils pensent de toi

Quand tu es seule

Avec toi-même

Est-ce que tu t’aimes ?

Est-ce que tu t’aimes ?

Tu n’as pas à faire tant d’efforts

Tu n’as pas à tout donner

Tu dois juste te lever, te lever, te lever

Tu n’as pas à changer quoi que ce soit

Tu n’as pas à faire tant d’efforts

Tu n’as pas à te courber au point de te briser

Tu dois juste te lever, te lever, te lever

Tu n’as pas à changer quoi que ce soit

Tu n’as pas à essayer, essayer, essayer… (x9)

Tu n’as pas à faire tant d’efforts

Tu n’as pas à tout donner

Tu dois juste te lever, te lever, te lever

Tu n’as pas à changer quoi que ce soit

Tu n’as pas à essayer, essayer, essayer… (x5)

Enlève ton maquillage

Laisse tes cheveux libres

Respire

Regarde dans le miroir

Regarde-toi

Est-ce que tu t’aimes ?

Parce que je t’aime

Faire ta connaissance

Par Niko Everett

Quand j’avais 11 ans, j’étalais du maquillage sur mes jambes pour recouvrir mes taches de rousseur, parce que je les détestais et les trouvais moches.

Quand j’avais 15 ans, je vivais avec mon père et ma belle-mère et je mentais au sujet de ma mère. Elle était serveuse et vivait dans un tout petit appartement, c’était une ancienne toxicomane. Je mentais en parlant d’elle car j’avais trop honte de dire la vérité.

Quand j’avais 17 ans, je me mettais à genoux sur le sol de la salle de bains et me faisais vomir. Je voulais absolument être mince, j’essayais à tout prix d’être parfaite.

Quand j’avais 21 ans, je ne me rendais pas compte que j’inondais mon amie Julie de mes histoires, lui parlant de toutes les personnes que nous connaissions, lui disant à quel point ils étaient supers et combien leur vie était extraordinaire, combien je voulais leur ressembler, combien j’étais jalouse.

Un jour, ma chère amie Julie m’arrêta et me dit : « Niko, il faut que tu fasses ta propre rencontre ! » Quand elle me dit cela, quelque chose changea ; c’est comme si elle avait tenu un miroir face à moi et me montrait quelque chose de complètement différent de ce que j’avais pu voir jusque là. Elle me dit : « Niko, tu devrais être jalouse de toi-même ! Tu es courageuse, tu travailles dur, tu es résistante… si tu pouvais faire ta connaissance, tu t’apprécierais sûrement ! »

Mais cette image de moi s’enfuit aussi vite qu’elle l’avait peinte. J’étais vraiment troublée car l’image que j’avais de moi-même était celle d’une personne gênante, déplaisante, bizarre. J’aimais cette image qu’elle avait créée et je voulais la revoir alors je me suis donné pour mission de la reformer et de la faire durer.

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Lettre aux femmes

Alors que je priais, je me suis sentie inspirée par le Saint-Esprit d’écrire cette lettre, à un moment de ma vie où j’étais en convalescence. Puis, je me suis rendue compte que cette lettre n’était pas seulement pour moi mais pour toutes les femmes.

Dieu vous bénisse,

Crystalina Evertcrystalina

Pourquoi recherches-tu toujours l’approbation d’un homme ?

Pourquoi te demandes-tu sans cesse : « Suis-je assez belle ? Est-ce que je parais assez intelligente ? »

L’ombre du manque de confiance planant au-dessus de toi, tu essaies en permanence de te rendre intéressante aux yeux des autres. Et pendant ce temps, tu te trahis, en ignorant ton instinct. Ne te laisse pas diriger par la somme d’attention et d’approbation que tu reçois. N’aie plus honte de toi-même. Ta valeur ne peut venir de la personne avec qui tu es, de ce que tu portes ou de ce que les autres pensent de toi.

As-tu peur d’admettre ta propre valeur ? Gardes-tu ta vraie beauté, tes dons et tes talents si bien enfermés, cachés du monde, que même toi tu ne peux voir combien tu es merveilleuse ? As-tu peur de briller si fort que ta lumière effraie les autres et les éloigne ? Ne te cache pas de la personne que tu es vraiment par peur d’être abandonnée ou par peur des opinons négatives. Tu prends des miettes que t’offre le monde mais je t’ai donné tout ce dont tu avais besoin, au fond de toi. Chacun a une lumière différente et certaines brillent plus fort que d’autres. N’aie pas peur de ta propre lumière, car elle a été placée en toi afin que d’autres, aveuglés par leur propre obscurité, puissent voir ta lumière.

Pourquoi es-tu triste et effrayée ? Pourquoi te rabaisses-tu et cherches tu à estomper cette lumière ? Ta lumière a été créée pour briller et c’est son but. Ta Beauté – Beauté de Dieu – t’a été donnée pour de grandes raisons. L’obscurité a tenté d’éteindre cette beauté intérieure mais elle ne peut pas. Elle ne disparaîtra pas.

Parfois, tu laisses tes doutes prendre possession de toi, et tes pensées s’emballent. Mais avec l’amour de Jésus tu peux combattre n’importe quel défaut, n’importe quelle faiblesse ou malveillance dirigée contre toi. Il est temps de te relever, sans avoir peur de qui tu es. Accepte-le. Ne te rabaisses pas, ne te cache pas, car le pouvoir de mon amour et ma grâce seront toujours là pour te rattraper et te montrer la voie. Je te soutiendrai mais me laisseras-tu faire ?

Au fond de toi, tu sais qui tu es et ce que tu as à faire. Ne t’abaisses pas vers le monde, élève toi vers le ciel. Même s’il peut te paraître très loin, il est vraiment tout autour de toi. Le ciel te regarde, prie et t’encourage. Une armée entière d’anges et de saints veulent ta victoire dans tes batailles. Mais la plus grande de toutes les batailles sera contre toi-même. Sache qui tu es et ce que tu n’es pas.

Tu es la fille bien aimée de Notre Seigneur Jésus Christ, Lui qui est Dieu.

Lettre publiée en anglais sur le blog Women Made New