filles du Roi

diadème

Qu’est-ce qu’une fille de roi sinon une princesse ? Combien de petites filles ont rêvé d’être, ne serait-ce que pour un instant, une princesse ? Et combien parmi elles ont abandonné ce rêve ?

Dans une biographie romancée de saint Ignace de Loyola[1], l’auteur raconte la conversion du saint. Elle imagine un dialogue entre ce jeune chevalier de la cour du roi Charles Quint, résolu à tout abandonner pour devenir un saint, et le diable :

« – Tu n’es qu’un orgueilleux, souffle-t-il maintenant à l’oreille du jeune homme. Tu veux devenir un saint ? Quelle exigence ! Un saint… il ne te faut rien de moins. Vanité, amour propre, désir de briller d’une autre manière, voilà ce qui t’inspire.

– Cette inspiration vient de Dieu, j’en suis persuadé, réplique Ignace.

– Elle vient de ta présomption, sans aucun doute.

– Nenni ! C’est Dieu qui me suggère cette noble ambition.

Chevalier du roi, n’est-ce pas déjà une noble carrière ?

– Je serai, désormais, chevalier du Roi »

Dans ce passage, l’inversion d’une majuscule suffit à changer la vie d’un homme. Il choisit de laisser sa place à la cour, la gloire et les honneurs qui s’y attachent pour suivre une nouvelle voie dans laquelle il s’apprête à suivre le plus grand des rois.

Au XVIIème siècle, le roi Louis XIV, agissant en qualité de tuteur, offrait une dot (draps, meubles, argent,…) à des jeunes filles, la plupart d’origine modeste, pour leur permettre de se marier et démarrer une nouvelle vie dans la colonie française d’Amérique de la Nouvelle-France. On a surnommé ces jeunes filles les « Filles du roi »

Aujourd’hui et à chaque instant, ce n’est pas un roi terrestre mais Dieu lui-même, Roi des rois, notre Père du ciel, qui offre à chacune d’entre nous, ses filles, non pas de l’argent ou des objets mais ses dons, temporels et spirituels, ainsi que les grâces nécessaires pour les faire fructifier, nous guider dans l’aventure de cette vie terrestre et nous conduire à la Vie éternelle.

Cependant, il ne veut rien accomplir en nous sans que nous le voulions aussi alors pourquoi ne pas réévaluer nos ambitions à l’exemple de saint Ignace? Pourquoi ne pas transformer un rêve d’enfant, celui d’être les « Filles du roi » en une réalité bien plus élevée, celle de devenir les « filles du Roi » ?

Nul besoin de tout quitter ou d’embarquer pour un autre continent, simplement de réaliser notre valeur, non pas en fonction de critères matériels éphémères mais au regard de la dignité attachée à notre nature humaine, telle que Dieu la voit, « parce que tu as du prix à mes yeux, que tu as de la valeur et que je t’aime » (Isaïe, 43:4)

[1] CLEMENT Béatrice, Chevalier du Roi, Clovis, 1999

Faire ta connaissance

Par Niko Everett

Quand j’avais 11 ans, j’étalais du maquillage sur mes jambes pour recouvrir mes taches de rousseur, parce que je les détestais et les trouvais moches.

Quand j’avais 15 ans, je vivais avec mon père et ma belle-mère et je mentais au sujet de ma mère. Elle était serveuse et vivait dans un tout petit appartement, c’était une ancienne toxicomane. Je mentais en parlant d’elle car j’avais trop honte de dire la vérité.

Quand j’avais 17 ans, je me mettais à genoux sur le sol de la salle de bains et me faisais vomir. Je voulais absolument être mince, j’essayais à tout prix d’être parfaite.

Quand j’avais 21 ans, je ne me rendais pas compte que j’inondais mon amie Julie de mes histoires, lui parlant de toutes les personnes que nous connaissions, lui disant à quel point ils étaient supers et combien leur vie était extraordinaire, combien je voulais leur ressembler, combien j’étais jalouse.

Un jour, ma chère amie Julie m’arrêta et me dit : « Niko, il faut que tu fasses ta propre rencontre ! » Quand elle me dit cela, quelque chose changea ; c’est comme si elle avait tenu un miroir face à moi et me montrait quelque chose de complètement différent de ce que j’avais pu voir jusque là. Elle me dit : « Niko, tu devrais être jalouse de toi-même ! Tu es courageuse, tu travailles dur, tu es résistante… si tu pouvais faire ta connaissance, tu t’apprécierais sûrement ! »

Mais cette image de moi s’enfuit aussi vite qu’elle l’avait peinte. J’étais vraiment troublée car l’image que j’avais de moi-même était celle d’une personne gênante, déplaisante, bizarre. J’aimais cette image qu’elle avait créée et je voulais la revoir alors je me suis donné pour mission de la reformer et de la faire durer.

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