La violente condition féminine

par Christine Dol

La violence est-elle l’apanage de l’homme ? La femme est-elle douce par nature ? Idées reçues ou déni de réalité, nous constatons aujourd’hui la nécessité de comprendre et d’admettre ce qu’est la condition féminine, car plus rien ne semble évident… Certains disent que l’on naît homme ou femme, une autre -suivie par une foule- dit « on ne naît pas femme, on le devient ». Nous, nous pensons que l’on naît femelle (ou mâle) ET que l’on devient femme (ou homme).

La femme est un Homme comme les autres.

Elle est un Homme, elle appartient à l’espèce humaine. En cela, elle possède la nature humaine. Elle est conçue comme un homme; se nourrit, joue, grandit, s’exprime comme lui, a besoin d’affection, de contacts, d’apprentissage, d’attention comme lui. Elle partage le même but : le bonheur, et utilise les mêmes moyens : la société, l’intelligence et la volonté. Elle aspire à la transcendance, et à long terme est faite pour Dieu, comme l’homme. Elle partage avec lui la dimension politique et spirituelle. Mais cette même nature se manifeste et s’exprime de manières différentes.

La femme n’est pas un homme comme les autres.

Elle ne peut pas être un homme comme les autres, car elle est femme. Elle naît avec un corps à caractère féminin qui la prédispose à la maternité. Ce corps lui dit en tout qu’elle est faite pour être mère ; il suscite joie ou colère, acceptation ou refus, mais ce corps est là, présent. Ses forces et ses faiblesses sont nécessairement liées à cette fonction « animale ».

Elle ne peut pas être un homme comme les autres car elle subit inévitablement des chocs physiques et psychologiques toute sa vie. Ces chocs successifs la fragilisent mais la fortifient. Ils sont les violences que la Nature lui impose : la puberté, les règles, la sexualité, la grossesse, l’accouchement, les suites de couche, l’allaitement, la pré-ménopause, et la ménopause. Toutes ces étapes de la vie d’une femme sont synonymes de douleurs et souffrances, que l’homme ne connaît pas…

En cela, la femme est en perpétuel changement physique et donc moral, elle se  meut très  différemment de l’homme, elle est moins stable.

Quoi de plus normal alors que son besoin de la rassurante stabilité intérieure d’un homme, de le voir s’atteler aux violences du monde extérieur, lui qui ne vit pas ces violences corporelles ?

La femme seule ne peut pas affronter toutes les souffrances, elle connaît déjà celles de sa nature propre, qui la poussent sans doute à une douceur extérieure. Voilà pourquoi les hommes aimants d’une autre époque ont développé la courtoisie et la galanterie ; parce qu’une femme consciente de sa condition inspire le respect et l’admiration.

Ainsi, l’amour de l’homme réside en son besoin de la femme, cet être semblable à lui, car elle est magnifiquement autre.

Publicités

Nouvelles du blog

Chères lectrices,

Le blog reprend !

Après une « petite » pause pendant laquelle nous n’avons pas cessé de penser à vous, nous reprenons notre activité avec de nouveaux articles et de nouvelles illustrations en préparation !

Nous vous confions également une intention de prière qui nous a été déposée par A. : « Je confie à Marie Médiatrice une intention particulière qui m’est très chère et qu’elle connait déjà. Et je lui dis MERCI INFINIMENT pour ce qu’elle fera pour moi. »
N’hésitez pas à nous confier les vôtres, nous nous unirons à vous par la prière.

Nous aurons une pensée particulière pour vous demain, à l’occasion de la « Journée de la femme », vous souhaitant à chacune de vous sentir pleinement et fièrement femmes mais par dessus tout filles du Roi !

A bientôt,

Les filles du Roi.

 

Madame Elisabeth

Je voudrais retracer ici l’histoire d’une femme étonnante, à la personnalité vive, dont le haut rang et l’environnement privilégié ne pouvaient présager le destin tragique qu’elle connut. C’est madame Élisabeth de France, sœur du roi Louis XVI.

Élisabeth est née le 3 mai 1764. Huitième enfant du dauphin Louis et de Marie-Josèphe de Saxe, elle devient orpheline de ses deux parents à l’âge de 3 ans. La vie marquait déjà de son sceau de douleur la frêle petite enfant. Son caractère devient alors très difficile à apprivoiser : elle se montre désobéissante, têtue et aux sautes d’humeur imprévisibles. Elle est élevée en même temps que sa sœur Clotilde, de 4 ans son aînée, par la comtesse de Marsan, gouvernante des enfants de France. C’est une femme sévère et inflexible qu’Élisabeth n’aime pas beaucoup mais qui lui donne une excellente éducation, ce qu’elle reconnaîtra plus tard.

Le 14 mai 1770, la jeune dauphine Marie-Antoinette d’Autriche arrive à la cour pour épouser le dauphin, futur Louis XVI. Elle n’a que 15 ans et s’attache profondément à la jeune Élisabeth, de 10 ans sa cadette. Elles resteront très liées, d’une amitié profonde qui durera jusqu’à la fin de leur courte vie.

Au même moment, la comtesse de Marsan donne sa démission de gouvernante, et est remplacée par deux sous-gouvernantes, madame de Mackau, veuve et mère d’une petite Angélique, qui deviendra la meilleure amie d’Élisabeth, et la comtesse Rosalie d’Aumale. Toutes deux s’attachent à la jeune princesse comme à leur fille, lui prodiguent l’affection maternelle dont elle a tant manqué, et arrivent à vaincre sa nature rebelle et explosive.

L’année 1774, le roi Louis XV meurt, et le jeune Louis Auguste est sacré à Reims le 11 juin 1775. Élisabeth est alors une jeune fille de 11 ans, très éloignée de la petite fille désobéissante des premières années. Éduquée très tôt (à partir de l’âge de 7 ans!) à la philosophie, elle a développé une intelligence, une maturité et une clairvoyance étonnantes malgré son jeune âge. Ardente lectrice, elle s’abreuve de la lecture des anciens. Brillante scientifique, elle se passionne pour les mathématiques et la botanique. Également très manuelle, elle exécute les travaux d’aiguille, la peinture ou le modelage avec brio.

Cette solide formation est faite dans un profond esprit chrétien, grâce à ses deux gouvernantes qui ont grandi à la maison d’éducation de Saint Cyr et en ont retransmit l’esprit à Elisabeth. C’est pourquoi, bien que n’ayant pas connu son père, elle est comme lui une âme très pieuse, tout en vivant dans une cour où on ne l’est guère. Elle assiste à la messe tous les matins. Bien que de nature très sociable, elle s’astreint à de longs moments de solitude pour s’adonner à l’étude, la lecture ou l’écriture. Cette solitude volontaire n’est pas austère, et par ailleurs elle sait aussi s’amuser. Les bals, les fêtes, l’opéra sont un ravissement pour elle. Elle pratique l’équitation avec beaucoup d’ardeur, épuisant ses dames de compagnie qui ne peuvent la suivre au bout de ses excursions. Elle aime aussi le jeu, surtout le billard, qu’elle pratique souvent en famille après souper.

Vers l’âge de 14 ans, à cause de sa grande piété et de plusieurs prestigieux projets de mariage qu’elle refuse, la rumeur court qu’elle veut rentrer au couvent. Elle déjoue pourtant les prévisions. On sait qu’elle s’est consacrée entièrement à Dieu, et ne songe dès lors plus qu’à son salut. Mais elle a décidé que ce vœu ne s’accomplirait pas au sein d’un couvent, mais au sein de sa famille. « Je ne veux point chercher à avoir un état qui me rende indépendante du Roi et de la Reine », dit-elle. Consacrée à Dieu, elle veut se dévouer toute entière au Roi et à la Reine. Et elle donnera sa vie pour eux, en restant avec eux et en étant leur dernier soutien tout au long des événements de la Révolution, jusqu’à leur mort.

C’est une âme généreuse. Son cercle d’amies s’agrandit sans cesse, et elle montre une affection débordante pour elles, les comblant de multiples prévenances. L’une d’elle est-elle malade, qu’elle la visite aussi souvent que possible, prend des nouvelles quand elle ne peut la visiter, et lui envoie les meilleurs médecins. Si une autre s’absente, elle lui écrit sans cesse, disant sa hâte de la revoir. Une autre de ses grandes amies, Louise de Causans, ayant un projet de mariage en vue avec le marquis de Raigecourt, est bien malheureuse car sa dot est trop peu élevée, et le mariage ne peut avoir lieu. Elisabeth va demander à son frère le Roi l’équivalent de ses futures étrennes annuelles pour cinq ans, ce qui correspond à la dot exigée. Elle en fait ainsi le sacrifice pour les offrir à sa chère Louise. Le mariage a lieu, et Elisabeth dira toute joyeuse : « Je n’ai plus mes étrennes, mais j’ai ma Raigecourt ».

Elle dépense tout son argent pour faire des cadeaux à ses amies ou secourir les pauvres, et se retrouve souvent sans le sou, puis doit emprunter à son entourage, car elle n’ose pas le dire à son frère le Roi. Mais on lui prête toujours de bonne grâce, car on sait le bon usage qu’elle en fait.

Les pauvres sont un grand souci pour elle. Dans son domaine de Montreuil que le Roi lui a donné, elle les accueille, leur distribue des vivres, et installe un dispensaire pour les soigner. Elle-même se fait infirmière et assiste le médecin, panse les plaies, prépare les médicaments.

Elle est de nature très joyeuse, naturellement portée à l’ironie, et friande des « bonnes histoires » du moment qui la font rire aux éclats. Mais derrière cette franche gaieté se cache une profonde maturité spirituelle. Elle jouit d’une haute réputation dans tout le Royaume, ce qui n’entache en rien sa modestie. Un jour un évêque ayant demandé au Roi de la lui être présenté, il se mit à la louer de façon très pompeuse, finissant son discours élogieux en disant « je ne suis même pas au niveau de mon sujet ». « Vous avez raison, car vous êtes bien au dessus », répondit-elle spontanément.

La Révolution.

1789 : Elisabeth a 25 ans, c’est la date de sa majorité.

La réunion des États généraux ouverts par le roi le 5 mai tourne en rébellion, et on décrète la création d’une Assemblée constituante, en vue de donner une nouvelle constitution à la France. Louis XVI fait venir des troupes à Paris pour mater les émeutes, mais ceci donne lieu à la révolte du 14 juillet et à la sanglante prise de la Bastille. Le roi retire alors ses troupes. C’est le début de l’émigration des nobles, notamment du comte d’Artois, frère du roi. C’est le frère dont Elisabeth est le plus proche, et elle manque de s’évanouir à l’annonce de son départ. Ses deux grandes amies, Angélique de Bombelles et Louise de Raigecourt, doivent partir aussi. Le 4 août, on vote l’abolition des privilèges. C’est la fin de l’Ancien Régime. La déclaration des droits de l’homme est promulguée.

On reproche au Roi de rester à Versailles, on le réclame à Paris. Des difficultés d’approvisionnement en grain (la France est très appauvrie depuis la guerre d’indépendance des États Unis) provoquent des émeutes. Une foule hargneuse se rend à Versailles et tue une partie de la garde royale. Leur sacrifice sauve la famille royale qui a manqué d’être massacrée. Le Roi, la Reine, leurs enfants et madame Elisabeth sont emmenés de force à Paris, escortés par les massacreurs portant les têtes des gardes du corps au bout de leur piques. Le petit Dauphin, âgé de 4 ans 1/2 et sa sœur, madame Royal, sont épouvantés.

Résidence aux Tuileries

Assignée à résidence aux Tuileries, la famille royale est protégée par la garde nationale, qui en réalité est plutôt chargée de les espionner. Leurs moindres faits et gestes sont surveillés. Contrairement aux soldats de la garde royale, les gardes nationaux ne sont pas des gentilshommes, et leurs incorrections valent aux résidents royaux des vexations incessantes.

Dans ses lettres, madame Élisabeth se plaint d’un ennui mortel. Elle a peu de distractions, et ses amis l’abandonnent peu à peu, parfois sans prévenir. Malgré cela, alors qu’elle en aura de nombreuses occasions, elle refuse de partir. Elle respectera jusqu’à sa mort son vœu de fidélité à la famille royale.

Elle s’occupe par une action contre-révolutionnaire, autant qu’elle le peut. Elle encourage les royalistes à publier des pamphlets, entre en contact avec des fidèles dans l’intention d’établir un plan d’évasion, entretient une correspondance secrète et chiffrée avec les émigrés, notamment le comte d’Artois, et sert d’intermédiaire entre lui et le Roi car ils sont en désaccord total sur la conduite à tenir.

Début 1790, elle commence à comprendre que la royauté ne sera pas sauvée. Elle s’abandonne alors totalement à la Providence : «que la volonté de Dieu soit faite, tâchons d’y être résignés». Elle trouve son réconfort dans la prière et les sacrements. C’est l’époque ou elle fonde la confrérie consacrée aux deux cœurs de Jésus et de Marie, et en recrute les membres parmi ses amies. Elle y fait le vœu de prier « pour la conservation de la religion en France » (la Constitution civile du clergé vient d’être votée). Les associées forment une communion de prière : on détermine une intention de prière, et à la date dite toutes prient en communion. En avril 1791, par exemple, elle choisit sept de ses associées, et les charge de prier afin de demander à Dieu pour le Roi un des sept dons du Saint Esprit.

Dans toute la France, on sait son refus inébranlable d’assister aux messes célébrées par les prêtres constitutionnels. Elle est un modèle et un réconfort pour les catholiques fidèles.

Son espérance grandit sans cesse. Elle voit clairement se profiler les événements tragiques à venir, mais garde toujours une grande confiance en Dieu. Voici quelques passages de ses lectures spirituelles qu’elle affectionne : « Il faut se livrer à la miséricorde, et prendre sur soi toutes les promesses qu’il a faites à ses élus, se regarder comme déjà sauvés par l’espérance ». « Je suis calme, et j’espère en une éternité bienheureuse ».

Peu après, la famille royale tente de s’enfuir. C’est un échec : les fugitifs sont repérés à Varennes et ramenés à Paris. Dans la calèche du retour, elle se met à plaider la cause du Roi auprès des deux députés qui les accompagnent. C’est la seule fois où elle eut l’occasion d’utiliser sa verve éloquente, et on peut le regretter, car elle ébranle ces deux fervents républicains, notamment Barnave, pourtant lui-même grand orateur, qui est subjugué, change à ce moment de conduite et d’opinion, et est dès lors rallié à la cause royale.

De retour à Paris, la situation s’aggrave. Le Roi est dépossédé de son pouvoir exécutif. Ils sont plus que jamais sous étroite surveillance, nuit et jour, jusque dans leur chambre.

Élisabeth grandit encore plus dans sa vie spirituelle, on en a de nombreuses traces dans sa correspondance. Elle se fixe pour objet de se maîtriser parfaitement pour mieux obéir à Dieu.  « Heureux l’homme qui, tenant toujours son âme entre ses mains, ne voit que Dieu et l’éternité. »

Le 20 juin 1792, 20 000 manifestants hargneux et armés de piques entrent aux Tuileries. Ils font pression pendant plusieurs heures sur le Roi car il veulent obtenir la levée de son veto sur deux décrets qu’il a récemment refusés. Pendant tout ce temps, Élisabeth reste courageusement aux côtés du Roi au péril de sa vie. Devant une méprise des assaillants qui la prennent pour la Reine et réclament sa tête, elle dissuade héroïquement son écuyer de les détromper, pour sauver la Reine. Ils sont délivrés de cette agression dans la soirée par le député Pétion qui convainc les manifestants de rentrer chez eux.

Le 10 août, une insurrection marque la fin de la royauté : le trône est renversé. La famille royale est prisonnière. On les enferme au Temple dans un isolement total. Toute correspondance est interdite, il n’y a pas de sortie possible. Le seul moyen de prendre l’air est en haut de la tour, mais on ne peut pas voir le paysage car la balustrade a été surélevée.

Malgré toutes ces épreuves, madame Élisabeth garde son entrain et sa gaîté coutumière. Elle participe à la vie de famille, joue aux échecs, fait des lectures à voix haute. Au fond de son cœur , elle a déjà fait le sacrifice de tout, même de sa vie.

Vient la terrible séparation avec le Roi. Sa famille n’a plus le droit de le voir, bien qu’il soit dans la chambre au dessus d’eux. Élisabeth imagine un ingénieux système de correspondance grâce à une ficelle. Ils peuvent ainsi s’échanger quelques messages, pleins de tendresse et d’affection.

Très douée pour sonder les cœurs, Élisabeth repère vite que certains gardiens sont attendris devant la famille royale, durement éprouvée, mais toujours unie et si innocente. Certains détestent leur besogne. Elle réussit à les déceler et s’en fait des amis. Ce qui séduit beaucoup chez elle, c’est sa bonté. Un jour qu’elle demande au municipal Lepître ce qu’il pense du bas qu’elle tricote, il se moque disant qu’il est si large qu’on dirait un bonnet. « Eh bien ! Soit un bonnet, et il sera pour vous » répond-elle. Elle lui en fait cadeau en lui demandant de donner l’équivalent de son prix aux pauvres, ce qu’il fait scrupuleusement. Il admire la façon dont la princesse distribue ses bonnes actions tout en plaisantant. « Jamais je n’ai vu de piété plus solide, et à la fois plus d’aménité dans le caractère », témoigne-t-il.

Les prisonniers arrivent à garder contact avec l’extérieur grâce au dernier fidèle qui reste employé à leur service, le dénommé Turgy. Il n’a pas le droit de leur parler mais ils s’échangent des mots dissimulés dans les bouchons de carafe. Élisabeth s’informe ainsi de ses amis, de l’actualité. Malheureusement plusieurs municipaux sont dénoncés. Le réseau se resserre.

Elles apprennent la mort du Roi. Peu de temps après, le dauphin leur est enlevé, et est malmené par Simon, sous leurs fenêtres. On lui met le bonnet rouge, on le fait boire, et une fois saoul, on lui fait proférer des jurons et des insultes. C’est une épreuve insoutenable.

Puis c’est la séparation avec la Reine qui sera exécutée, mais Elisabeth ne le saura que beaucoup plus tard. Elle se retrouve seule avec sa nièce, madame Royale, âgée de 13 ans. Leurs conditions carcérales sont devenues extrêmement difficiles. Elles ont très peu de nourriture et pas de lumière, et doivent donc se coucher avec le soleil. Leur isolement est total : Turgy est démis de ses fonctions, les plats sont à présent déposés sur le sol avant que l’on referme la porte. Elles n’ont aucune nouvelle de l’extérieur.

Élisabeth se consacre à sa nièce. Elle l’éduque et s’efforce de la distraire. Leur emploi du temps est très réglé et se compose de prières, d’exercices (elles marchent vite dans la chambre car aucune sortie n’est permise!), de jeux et de lectures. La nourriture est très succincte, mais malgré cela Elisabeth fera jeûne pendant tout le Carême. Elle garde un grand calme, une grande sérénité, et une totale confiance en Dieu.

Cet isolement total dure 7 longs mois. Le 9 mai 1794, on vient la chercher un soir brutalement. On ne lui ménage pas les injures, ce qui ne l’atteint pas. Sa nièce raconte : « alors elle m’embrassa, me dit d’avoir courage et d’espérer toujours en Dieu ».

Condamnée à mort avec 25 autres accusés, son procès n’a duré que quelques minutes. Elle est accusée d’être une ennemie de la Révolution, une conspiratrice, alors qu’il n’y a aucun élément ni témoin à charge. Elle reçoit pourtant le verdict de son jugement avec une grande dignité, sans proférer un seul mot, au grand étonnement de ses juges.

Pendant les quelques heures qui la séparent de son exécution, elle met toute son énergie à consoler et redonner du courage aux autres condamnés à mort. Selon plusieurs témoins, beaucoup furent grandement réconfortés par ses paroles.

Dans la charrette qui la mène à l’échafaud, elle est reconnue. Les gens sont bouleversés de la voir conduite au supplice. Certains se prosternent pour obtenir sa bénédiction. Un médecin qui la soignait autrefois, la voyant, tombe à genoux en gémissant. Une fois rentré chez lui il dit à sa femme : « j’ai reçu le coup de la mort », s’alite et meurt peu de jours après.

Elle est la dernière de sa « fournée » à être exécutée. Tous les autres viennent la saluer respectueusement avant de passer à l’échafaud. L’avant-dernier, un chanoine, la bénit. Pendant tout ce temps elle récite le De Profundis, avec un visage d’une sérénité parfaite. Elle écrivait un jour à une amie : « Que l’idée de l’éternité devient douce, lorsqu’au moment de la mort on peut se dire : j’ai vécu toute ma vie pour Dieu ».

Habituellement, après une exécution, un grand roulement de tambour résonne et les acclamations du peuple forment un grand brouhaha. Mais le commandant de service qui devait ordonner le roulement s’évanouit, comme mort. Dans la surprise, il s’ensuit un lourd silence. C’est alors que selon plusieurs témoins une odeur de rose se serait répandue sur toute la place.

Étant née dans les honneurs et la grandeur, madame Élisabeth est toujours restée humble et discrète. Ce fut un exemple de conduite chrétienne et de patriotisme, car elle consacra et sacrifia sa vie pour son Roi et pour la France. Elle nous laissa cette magnifique prière qu’elle récitait souvent au Temple, et qui fut transmise à la postérité par un des valets de chambre, François Hue,  grandement édifié un jour qu’il surprit la princesse à la réciter :

« Que m’arrivera-t-il aujourd’hui, ô mon Dieu, je l’ignore.

Tout ce que je sais, c’est qu’il ne m’arrivera rien qui ne soit prévu de toute éternité.

Cela me suffit, ô mon Dieu, pour être tranquille.

J’adore vos dessins éternels, je m’y soumet de tout mon cœur.

Je veux tout, j’accepte tout, je vous fais un sacrifice de tout et j’unis ce sacrifice à celui de votre cher Fils,

mon Sauveur, vous demandant, par son Sacré-Cœur et par ses mérites infinis,

la patience dans nos maux et la parfaite soumission qui vous est due

pour tout ce que vous voudrez et permettrez.

Le Bonheur Conjugal ou L’Univers Fascinant de la Femme

Par Christine Dol

Il est un monde où la femme est sereine, aimante, respectée et chérie. Un monde où elle connaît le chemin du bonheur. Ce monde, c’est celui d’Helen Andelin. Cette épouse et mère américaine des années 1960 veut faire connaître sa découverte et demande à toutes les femmes de bonne volonté de se lancer dans ce voyage, et d’acheter un billet pour « l’univers fascinant de la femme »

Le trajet est relativement long – plus de 400 pages – mais comme beaucoup, il passe bien vite car vous vous installerez côté hublot afin d’admirer le Monde d’en haut, et ainsi, prendre du recul sur votre vie. Sa philosophie a tellement fasciné son mari, Aubrey Andelin, qu’il a, à son tour, écrit un ouvrage pour le bonheur de l’homme : « Une main de fer dans un gant de velours ».

Cet ouvrage s’adresse à toutes, plus précisément aux femmes mariées, ou souhaitant l’être. Tout le sujet du livre est d’apprendre à chaque femme à être heureuse en ménage, à rendre son mari heureux, et ses enfants heureux. Vaste projet à l’heure où le mariage n’est plus à la « mode ». Quoiqu’il en soit, Helen Andelin, grâce à ses très nombreuses lectures et à ses expériences (nous pourrions dire que son mari et son entourage ont été de véritables cobayes), est parvenue à la conclusion suivante : « une femme possède les clés de son propre bonheur ». Helen Andelin ne va pas seulement vous donner des conseils pour mieux vivre en couple, elle va changer la vision que vous avez de l’homme et de la femme, elle va vous amener à prendre conscience de votre pouvoir sur l’homme. Avec une démarche de générosité, vous allez vous atteler à comprendre les hommes, à savoir de quoi ils ont besoin, et ainsi vous allez être capable de vous faire aimer et d’exercer une influence immense sur votre mari, pour votre bien et celui des autres. « L’univers fascinant de la femme » va vous guider pour que vous puissiez devenir « la femme idéale », une femme qui fascine !! Ça fait rêver… mais ne vous méprenez pas, ce n’est pas de tout repos, car elle nous demande d’être véritable acteur de notre vie, d’agir comme si tout dépendait de nous.

Quelle est le plus grand désir de la femme ? Être aimée et chérie ! Mais la femme n’a-t-elle pas une trop grande tendance à attendre cet amour les bras croisés, telle une pestouille de princesse ? Et bien décroisez vos bras, remontez vos manches et essayez la méthode de « l’univers fascinant de la femme » (surtout si vous êtes malheureuse!!!), il n’y a, franchement, rien à perdre.

Le texte est disponible sur Internet : http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/2/91/31/81/AvBenPerso/L-univers_fascinant_de_la_femme_ANDELIN.pdf

« Essaye »

Maquille-toi

Mets du vernis

Frise tes cheveux

Cours un kilomètre de plus

Reste fine

Pour qu’ils t’aiment.

Est-ce qu’ils t’aiment ?

Sois sexy

N’aie pas peur, petite

Enlève ça

C’est ce que tu veux,

Trouver ta place

Pour qu’ils t’aiment.

Est-ce qu’ils t’aiment ?

Tu n’as pas à faire tant d’efforts

Tu n’as pas à tout donner

Tu dois juste te lever, te lever, te lever

Tu n’as pas à changer quoi que ce soit

Tu n’as pas à essayer, essayer, essayer… (x5)

Va faire du shopping

Au centre commercial

Atteins ta limite de crédit

Tu n’as pas à choisir

Achète tout

Pour qu’ils t’aiment.

Est-ce qu’ils t’aiment ?

Attend une seconde,

Pourquoi devrais-tu t’inquiéter

De ce qu’ils pensent de toi

Quand tu es seule

Avec toi-même

Est-ce que tu t’aimes ?

Est-ce que tu t’aimes ?

Tu n’as pas à faire tant d’efforts

Tu n’as pas à tout donner

Tu dois juste te lever, te lever, te lever

Tu n’as pas à changer quoi que ce soit

Tu n’as pas à faire tant d’efforts

Tu n’as pas à te courber au point de te briser

Tu dois juste te lever, te lever, te lever

Tu n’as pas à changer quoi que ce soit

Tu n’as pas à essayer, essayer, essayer… (x9)

Tu n’as pas à faire tant d’efforts

Tu n’as pas à tout donner

Tu dois juste te lever, te lever, te lever

Tu n’as pas à changer quoi que ce soit

Tu n’as pas à essayer, essayer, essayer… (x5)

Enlève ton maquillage

Laisse tes cheveux libres

Respire

Regarde dans le miroir

Regarde-toi

Est-ce que tu t’aimes ?

Parce que je t’aime

filles du Roi

diadème

Qu’est-ce qu’une fille de roi sinon une princesse ? Combien de petites filles ont rêvé d’être, ne serait-ce que pour un instant, une princesse ? Et combien parmi elles ont abandonné ce rêve ?

Dans une biographie romancée de saint Ignace de Loyola[1], l’auteur raconte la conversion du saint. Elle imagine un dialogue entre ce jeune chevalier de la cour du roi Charles Quint, résolu à tout abandonner pour devenir un saint, et le diable :

« – Tu n’es qu’un orgueilleux, souffle-t-il maintenant à l’oreille du jeune homme. Tu veux devenir un saint ? Quelle exigence ! Un saint… il ne te faut rien de moins. Vanité, amour propre, désir de briller d’une autre manière, voilà ce qui t’inspire.

– Cette inspiration vient de Dieu, j’en suis persuadé, réplique Ignace.

– Elle vient de ta présomption, sans aucun doute.

– Nenni ! C’est Dieu qui me suggère cette noble ambition.

Chevalier du roi, n’est-ce pas déjà une noble carrière ?

– Je serai, désormais, chevalier du Roi »

Dans ce passage, l’inversion d’une majuscule suffit à changer la vie d’un homme. Il choisit de laisser sa place à la cour, la gloire et les honneurs qui s’y attachent pour suivre une nouvelle voie dans laquelle il s’apprête à suivre le plus grand des rois.

Au XVIIème siècle, le roi Louis XIV, agissant en qualité de tuteur, offrait une dot (draps, meubles, argent,…) à des jeunes filles, la plupart d’origine modeste, pour leur permettre de se marier et démarrer une nouvelle vie dans la colonie française d’Amérique de la Nouvelle-France. On a surnommé ces jeunes filles les « Filles du roi »

Aujourd’hui et à chaque instant, ce n’est pas un roi terrestre mais Dieu lui-même, Roi des rois, notre Père du ciel, qui offre à chacune d’entre nous, ses filles, non pas de l’argent ou des objets mais ses dons, temporels et spirituels, ainsi que les grâces nécessaires pour les faire fructifier, nous guider dans l’aventure de cette vie terrestre et nous conduire à la Vie éternelle.

Cependant, il ne veut rien accomplir en nous sans que nous le voulions aussi alors pourquoi ne pas réévaluer nos ambitions à l’exemple de saint Ignace? Pourquoi ne pas transformer un rêve d’enfant, celui d’être les « Filles du roi » en une réalité bien plus élevée, celle de devenir les « filles du Roi » ?

Nul besoin de tout quitter ou d’embarquer pour un autre continent, simplement de réaliser notre valeur, non pas en fonction de critères matériels éphémères mais au regard de la dignité attachée à notre nature humaine, telle que Dieu la voit, « parce que tu as du prix à mes yeux, que tu as de la valeur et que je t’aime » (Isaïe, 43:4)

[1] CLEMENT Béatrice, Chevalier du Roi, Clovis, 1999

Germaine Feron-Vrau (1869 – 1927)

GFV

Germaine Feron-Vrau, née Germaine Bernard, est un exemple édifiant parmi d’autres de la vie d’une fille et femme de directeur d’usine de la fin du XIXème siècle et début du XXème siècle.

De nombreuses femmes semblables à Germaine ont eu des comportements exemplaires et un dévouement extrême, elles sont le reflet de l’état d’esprit d’une société catholique très paternaliste qui règnait alors dans le Nord de la France, où beaucoup de chefs d’entreprise étaient très soucieux du bien-être de leurs ouvriers et où leurs épouses les secondaient activement dans leurs tâches de direction, très souvent accompagnées de nombreuses œuvres de charité. Germaine s’est adonnée à ces tâches ardues avec un dévouement héroïque, et a été particulièrement remarquée dans son entourage pour sa charité et son odeur de sainteté, ce qui lui a valu d’être immortalisée par Mgr H. Masquelier dans la biographie dont nous nous inspirons ici¹.

La famille de Germaine s’est installée dans la région de Lille en 1685. Son ancêtre Jean Bernard y a établi une cure à raffiner le sucre, industrie transmise sans interruption dans la famille jusqu’au début du siècle. Paul Bernard, le papa de Germaine, exploite donc l’usine familiale située à Santes. Il meurt très jeune alors que Germaine n’a que 4 ans. Paul Bernard déployait une activité intense au service des autres, particulièrement les plus démunis, dépensant avec générosité son temps, son énergie et une grande partie de sa fortune, aussi était-il très aimé dans son village. Longtemps après sa mort, on pouvait voir encore des ouvriers pleurer à genoux sur sa tombe.

C’est dans ce contexte familial que la petite Germaine grandit, entourée de ses 7 frères et sœurs. C’est une nature très vive, désordonnée et dissipée, mais toujours enthousiaste, serviable, débrouillarde, et surtout ayant une grande bonté naturelle, au point qu’on la surnomme « la bonne Ger ». Une petite cousine lui lance même un jour « méchante bonne Ger ! », après une dispute.

Continuer la lecture de Germaine Feron-Vrau (1869 – 1927)

Lettre aux femmes

Alors que je priais, je me suis sentie inspirée par le Saint-Esprit d’écrire cette lettre, à un moment de ma vie où j’étais en convalescence. Puis, je me suis rendue compte que cette lettre n’était pas seulement pour moi mais pour toutes les femmes.

Dieu vous bénisse,

Crystalina Evertcrystalina

Pourquoi recherches-tu toujours l’approbation d’un homme ?

Pourquoi te demandes-tu sans cesse : « Suis-je assez belle ? Est-ce que je parais assez intelligente ? »

L’ombre du manque de confiance planant au-dessus de toi, tu essaies en permanence de te rendre intéressante aux yeux des autres. Et pendant ce temps, tu te trahis, en ignorant ton instinct. Ne te laisse pas diriger par la somme d’attention et d’approbation que tu reçois. N’aie plus honte de toi-même. Ta valeur ne peut venir de la personne avec qui tu es, de ce que tu portes ou de ce que les autres pensent de toi.

As-tu peur d’admettre ta propre valeur ? Gardes-tu ta vraie beauté, tes dons et tes talents si bien enfermés, cachés du monde, que même toi tu ne peux voir combien tu es merveilleuse ? As-tu peur de briller si fort que ta lumière effraie les autres et les éloigne ? Ne te cache pas de la personne que tu es vraiment par peur d’être abandonnée ou par peur des opinons négatives. Tu prends des miettes que t’offre le monde mais je t’ai donné tout ce dont tu avais besoin, au fond de toi. Chacun a une lumière différente et certaines brillent plus fort que d’autres. N’aie pas peur de ta propre lumière, car elle a été placée en toi afin que d’autres, aveuglés par leur propre obscurité, puissent voir ta lumière.

Pourquoi es-tu triste et effrayée ? Pourquoi te rabaisses-tu et cherches tu à estomper cette lumière ? Ta lumière a été créée pour briller et c’est son but. Ta Beauté – Beauté de Dieu – t’a été donnée pour de grandes raisons. L’obscurité a tenté d’éteindre cette beauté intérieure mais elle ne peut pas. Elle ne disparaîtra pas.

Parfois, tu laisses tes doutes prendre possession de toi, et tes pensées s’emballent. Mais avec l’amour de Jésus tu peux combattre n’importe quel défaut, n’importe quelle faiblesse ou malveillance dirigée contre toi. Il est temps de te relever, sans avoir peur de qui tu es. Accepte-le. Ne te rabaisses pas, ne te cache pas, car le pouvoir de mon amour et ma grâce seront toujours là pour te rattraper et te montrer la voie. Je te soutiendrai mais me laisseras-tu faire ?

Au fond de toi, tu sais qui tu es et ce que tu as à faire. Ne t’abaisses pas vers le monde, élève toi vers le ciel. Même s’il peut te paraître très loin, il est vraiment tout autour de toi. Le ciel te regarde, prie et t’encourage. Une armée entière d’anges et de saints veulent ta victoire dans tes batailles. Mais la plus grande de toutes les batailles sera contre toi-même. Sache qui tu es et ce que tu n’es pas.

Tu es la fille bien aimée de Notre Seigneur Jésus Christ, Lui qui est Dieu.

Lettre publiée en anglais sur le blog Women Made New